Rubina Ali, star pauvre

Publié le par plumedecib

 

Rubina Ali, c'est cette petite fille devenue célèbre grâce à son premier rôle dans le film de Danny Boyle, Slumdog le millionnaire. Et revenue sur le devant de la scène après que le Times ait révélé que son père avait voulu la vendre. Celui-ci dément et explique que c'est une famille arabe qui n'arrête pas de le solliciter, que la vidéo largement diffusée a été truquée. 

 

Bref. Le problème, c'est qu'une fois avoir été trimballée partout dans le monde, présentée aux Oscars etc.... la petite fille a été renvoyée chez elle, c'est-à-dire dans le bidonville de Mumbay. La production du film de Danny Boyle aurait promis de verser 21 livres sterling mensuellement à une association caritative pour que la petite fille et son co équipier dans le film puissent profiter d'une éducation décente jusqu'à ses 18 ans. Mais il semblerait que le cordon ait été coupé quelque part. C'est du moins ce qu'affirme le père de Rubina Ali. Après les flonflon du succés, la bourse se serait refermée. Un article du quotidien britannique Daily Telegraph évaluait le salaire de la petite fille à 500 livres sterling (563 euros).

 

Les autorités indiennes ont désormais à coeur de trouver un logement décent aux deux enfants et serait en quête de deux maisons dans une banlieue loin de celle qui les a vus naître et grandir, puis devenir célèbres mais toujours aussi pauvres. Et ce alors que "Slumdog Millionaire" a rapporté plus de 120 millions de dollars depuis sa sortie en Amérique du Nord en novembre, pour un budget de 15 millions seulement. (je ne peux m'empécher de mettre un peu d'Hadopi dans tout ça.... 120 millions pour 15 investis, un bon placement, non ? Ah ?)


Malgré le succès commercial du film, ces jeunes vivent toujours dans des bidonvilles. C'est la première chose qu'il faut retenir. Quand on pense aux salaires des stars américaines qui tournent d'ordinaire sous la direction de Danny Boyle, on ne peut s'empécher de voir là une belle preuve d'exploitation. Exploitation de la pauvreté, bien sûr. Le vice suprême étant dans le sujet du film qui laisse projette un rêve inaccessible sur le pavé crasseux où ces enfants mettent leurs pieds nus.

Danny Boyle et son producteur Christian Colson ont affirmé que les enfants acteurs avaient reçu davantage que les salaires locaux et avaient été inscrits à l'école grâce à un fonds mis en place pour payer leur éducation, leurs soins et leurs besoins "basiques". C'est ainsi qu'ils comptaient se "débarrasser" de l'affaire, en leur faisant l'aumône tandis qu'ils palpaient du gras !

 

La réputation de Danny Boyle et de l'équipe de production ayant été néanmoins légèrement entâchée, Danny Boyle réagit enfin. Il aurait  décidé de faire un don de 567 350 euros pour aider les enfants de Mumbaï, la capitale de l'état du Maharashtra en Inde. « Ayant tellement profité de l'hospitalité de la population, ce n'est que justice qu'une partie des recettes du film soit reversée à la ville, dans les quartiers qui en ont le plus besoin et là où il peut vraiment changer des vies », explique t-il dans un communiqué. L’argent versé à l’association caritative Plan, contribuera à la scolarisation de 5000 enfants des bidonvilles au cours des cinq prochaines années. (Suite)

 

C'est bien Monsieur Boyle de réagir aux critiques, ce geste est néanmoins fait pour faire taire les polémiques et ne constitue nullement une aumône. Il aurait dû être fait naturellement en paiement d'un travail. L'exploitation, l'esclavage, sont des concepts dépassés.

 

On ne sait si le père a réellement été tenté de vendre sa fille ou bien s'il a été piégé par un journaliste se faisant passer pour Cheik Arabe, toujours est-il que ce coup d'éclat médiatique aura peut être eu le privilège de réveiller la conscience du réalisateur et de son équipe de production. Reste à croiser les doigts pour que le geste suive la parole.

En attendant, la petite Rubina Ali tournera prochainement une publicité avec Nicole Kidmann et sera enfin payée normalement.

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houhou 10/05/2009 02:17

Tout est bon pour se faire de l'argent sur le dos de la misère. La fameuse taxe que Chirac voulait mettre en place sur le prix des billets peut être faudrait il le mettre sur ses films qui qui exploitent en fin de compte le filon de la charity business pour toujours se donner bonne conscience. On dit que l'argent n'a pas d'odeur , c'est vrai, ça chlingue trop. Odeur paraît trop faible. 

plumedecib 10/05/2009 08:49


oui houhou, l'argent ne peut avoir d'odeur, ça pue trop... L'esprit colonisateur se porte bien... Et on arrive à nous faire croire que ce type d'action putassière est une oeuvre de charité... Je
suis bien d'accord avec toi. Malheureusement, les occidentaux n'ont pas l'air de trouver cela anormal. L'affaire n'a pas fait grand bruit. Mieux, un journal occidental s'est permis d'aller inventer
une histoire pour salir le père, l'honneur occidentale est donc sauve. L'affaire est bouclée !


sixtine 23/04/2009 14:04

Etrange ce que l'exploitation de la misère peut suggérer... N'oublions jamais le sort de ces millions d'enfants esclaves, soldats...sacrifiés dans un monde qui leur refuse leur part d'humanité.

plumedecib 23/04/2009 14:13


C'est assez dégueulasse tout ça... Quand tu penses que des "stars" hollywodiennes prennent 20 millions de dollars pour jouer dans un film dont le résultat n'est pas toujours aussi éloquent que
celui de ce film là.... 


Nath 22/04/2009 18:58

C'est un film que je n'ai pas voulu aller voir. J'avais juste un pressentiment. Que la production avait pensé au film, à ce qu'il pourrait rapporter, en aucun cas de l'avenir des gamins. J'ai vu juste ce jour là. Bizarre... 

plumedecib 22/04/2009 19:35


C'est marrant parce que je n'ai pas voulu aller le voir non plus....