On ne peut plus fonctionner suivant le même schéma

Publié le par plumedecib



Au lendemain d'une mobilisation forte, les syndicats n'ont à mon sens rien compris. Ils entreprennent les habituelles démarches auprès du monarque dans un même but de promouvoir leur maison et de faire entrer des cotisations. Il n'y a là aucune conviction. Ils vont mendier "des mesures immédiates pour l'emploi et le pouvoir d'achat." Et vous croyez qu'il va répondre quoi, le bonimenteur à talonnettes ? Son système à lui est top super bien huilé, il ne va pas y jeter un grain de sable pour le faire tousser, pour se mettre à dos la commandantur des lobbies économiques et financiers qui l'ont mis là, justement pour qu'il leur remplisse l'escarcelle !

Le système qui se meurt a certainement fait grandir l'Homme. Tout ce qui le compose apparaît comme totalement obsolète. C'est parce que nous avons pris conscience, parce que nous avons libéré notre Pensée que nous pouvons aujourd'hui conduire une analyse et la conclusion qui s'impose. Dans ce système, il n'existe pas de mesures pour l'emploi ! Puisque ce système est en fait programmé pour tuer l'initiative, la créativité et fabriquer de la main d'oeuvre bon marché. C'est le vieux système de Ford qui arrive à son apothéose ! C'est l'aboutissement du Capitalisme ! Sarkozy ne changera donc aucune de ses réformes. Elles ne sont pas des réformes d'ailleurs mais des ajustements d'anciennes mesures afin de pourvoir plus rapidement aux besoins du Capital. Car il est devenu goulu le bougre ! Il en veut toujours plus ! Sarko s'applique depuis le début à servir des cadeaux aux banques et aux entreprises du grand Capital, avec insolence, au nez à la barbe de tous, ne rencontrant jusque-là aucune opposition. Pour cela, il presse le peuple, lui extirpe jusqu'au dernier soupir. Il exploite à fond les compétences des uns et des autres qu'il brade. Peu importe, c'est la grande solderie ! Après lui, le déluge. Après lui, le spectacle stupéfiant tel que celui que nous donne l'Amérique d'aujourd'hui qui a définitivement enseveli "the american dream" pour ne plus assister qu'à un terrible exode des citadins vers les campagnes, à la recherche d'un abri.

Si nous continuons à suivre le schéma imposé par l'actuel système, si nous restons dans les clous, nous n'arriverons à rien d'autre qu'à nous précipiter nous-mêmes dans le chaos. Ce qu'il faut, c'est surprendre ! 

Avant la campagne présidentielle de 2007, nous avons formé un grand mouvement de citoyens libres réfractaires à toute forme de structure, qui refusaient la hiérarchie pyramidale et le lessivage de cerveau. Sans qu'il soit besoin de nous imposer quoique ce soit, nous avons été des millions à converger vers ce mouvement humaniste. Les échéances électorales n'étaient pas notre priorité, nous étions là dans le seul but de partager nos compétences, nos expériences aux fins de créer une nouvelle forme de société.
Nous avons fait les premiers pas vers une réforme en profondeur de notre civilisation. Pas encore débarrassé de nos vieux réflexes, nous avons commis l'imprudence de faire confiance, voire idolâtrer un homme qui nous a bernés. Au fond, il a bien fait car il nous a permis d'ôter cette vieille harde qui nous collait à la peau, ce désir profond d'admirer et donc d'idéaliser celui que nous désignons comme le Messie. L'Amérique aujourd'hui a élu un homme dont elle ne connaît pas les capacités si ce n'est celle d'orateur, mais elle en a aussitôt fait Le Messie, le sauveur du Monde. 
Hors, il n'y a pas de Sauveur du Monde ! Cela fait une éternité que nous nous rabotons la pensée et nous rangeons derrière des Chefs, croyant qu'ils sont des tout-puissants, mais aussi genre de Dieu miséricordieux. Or, les Chefs n'ont jamais eu que l'ambition de briller et d'engranger un maximum de Pouvoir. 
Cela se retrouve dans le fonctionnement des syndicats. Lors de la manifestation, j'ai été surprise d'entendre un représentant de la CGT perché sur son camion, gueulant dans le porte-voix : "Prenez votre carte, des camarades sillonnent la foule, inscrivez-vous, c'est la SEULE solution !!! " Mais ils n'ont rien compris ces gens-là. Ils utilisent le même langage que le président, essaient de nous culpabiliser avant de nous enfermer dans la Pensée Unique, nous faire croire que nous avons besoin d'être liés par des chaînes pour devenir un et plus fort. Mais toutes les grandes métamorphoses des civilisations ne se sont faites que par l'Esprit et jamais par le pognon.
Ce qui doit changer aujourd'hui c'est le fondement de notre état d'Etre. C'est avant tout un travail personnel, puis de partage, d'échanges, d'enrichissement de l'esprit. C'est toute une remise en question des priorités vitales et la prise de conscience des conséquences de notre style de vie et du rôle que nous avons à jouer pour ne plus être hostiles à la planète et aux peuples qui l'habitent. Je dirais que notre espèce entre dans l'âge adulte. Enfin, c'est comme ça que je le vois.

Pas besoin de mot d'ordre pour agir ensemble. Nous savons aujourd'hui que ce système-là, on n'en veut plus. Le rejet devient viscéral car il met en danger nos vies, nous anéantit sur le plan de l'esprit.
Nous avons un avantage, Sarko est tout aussi obsolète que le système. C'est un esprit rétrograde et inculte. Il fait croire qu'il est fort mais s'entoure de 500 gendarmes quand il se déplace et ordonne que la foule soit à plus de trois cent mètres de lui. C'est un homme qui a peur. C'est déjà un homme fini. Il va se battre avec ses mensonges, il va essayer de nous atteindre par de basses mesures, se consoler avec ses richesses matérielles. Il ne fera que confirmer qu'il est terminé. 

Par notre force d'esprit, notre détermination à vouloir garder notre libre-arbitre, nous détrônerons le petit roi et nous nous débarrasserons par la même occasion de ce système à la con qui nous broie sans aucun état d'âme.
 

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sixtine 01/02/2009 10:32

Allez, on y va doucement, mais on y va !Les syndicats ne sont plus le terreau de la contestation ! C'est une bonne nouvelle ! Cela signifie que les individus se prennent en charge et n'ont plus peur de relever certains défis...qu'ils se sentent enfin concernés par leur devenir...

eric84 31/01/2009 02:39

Effectivement les syndicats ont pris un peu de gras, heureusement qu'il y a de plus en plus de citoyens indépendants qui se bougent pas simplement pour leur propre secteur d'activité qui pensent un peu plus global, maintenant imaginer que nous glisseront tout naturellement vers un système meilleur est une erreur et une perte de temps, la réaction doit être immédiate avant que nous soyons tous complètement pillés et ouvrons un espace où seuls les collaborateurs et les soumis trouveront leurs places avec la plus belle des excuses celle de ne pas avoir le choix.

plumedecib 31/01/2009 08:57


d'accord avec toi, eric, effectivement nous n'en sommes qu'au début. Mais déjà ce premier pas est une grande victoire. Elle nous donne la force et le ciment nécessaire pour continuer.. Nous ne
devons pas oublier de nous "congratuler" quand même ! Imagine s'il n'y avait eu personne dans la rue, la tronche qu'on aurait tirée !


Charlotte 30/01/2009 22:47

Coucou les nanas ! Comment ne pas être d'accord avec vous deux, lorsqu'en 2007 nous nous sommes retrouvées sur un projet qui a suscité notre enthousiasme, nous ne pensions pas que nous serions cocues par celui qui nous avait redonné l'espoir d'une société où l'homme aurait retrouvé la place qui est la sienne.J'entend à l'instant que la demande de remise en liberté de Julien Coupat a de nouveau été rejetée, tirons-en les conclusions !Bibis les bichonettes 

benedicte 30/01/2009 17:57

je partage la vision de fond de ton article. Concernant les centrales syndicales, j'ai la même défiance et elles vont tenter la récupération, de même qu'en politique les tartuffes de l'opposition PS et MoDem. Je comptais essayer de faire un article sur la dérive et ses raisons du syndicalisme qui sont en fait les mêmes que celles du politique. Et comment sortir des automatismes de lutte, mais surtout de pensée dans lesquelles nous sommes tous plus ou moins enfermés, et qui parce que la société a changé, non seulement ne sont plus du tout adapté à faire progresser la société socialement, mais que la dérive des outils qu'ils sont engendrés, travaillent pour le maintien du système et non pour son changement. Analyser et expliquer pourquoi est nécessaire, mais ne sera pas suffisant, il faut en parallèle inventer d'autres types d'organisation, d'action et relayer celles déjà en-cours, comme celle de la "résistance pédagogique" de certains instits, sur laquelle j'avais fait un article. Je vais en faire un autre parce qu'en 3 mois d'une initiative individuelle, ils sont passés à près de 2000 et que c'est très bien perçu par les parents de leurs élèves et écoles, qui ne sont absolument pas dupes des discours du gouvernement sur cette réforme. La lutte actuelle pour l'école publique a pour particularité d'avoir entraîné la formation de collectifs locaux de parents et d'enseignants et qui commencent à constituer des réseaux pour l'échange d'information ... et tu sais à quel point je suis convaincue que la création de structures locales autonomes en réseaux d'échanges, est fondamentale pour reconstituer le lien social et relationnel rompu, tout en étant porteur en soi de la vision d'une autre société. Il faut qu'on fasse par nous-même, et quelque part c'est déjà dans l'air du temps, bien que ce ne soit encore qu'un frémissement, ça va se développer et s'enraciner avec le temps ! C'est comme des graines qui germent, il faut planter d'autres différentes, ici, là, ailleurs ... Hein ?En parallèle, nous verrons bien comment le système s'effondre et ce qui nous sera possible de faire au fur et à mesure pour éviter que les morceaux qui vont nous tomber dessus fassent trop de dégâts. Bisous et à bientôt

plumedecib 30/01/2009 18:11


OUi, tout à fait de ton avis. Je pense que c'est dans l'air du temps aussi. Donc les choses vont se faire naturellement. Quand nous avons démarré ce mouvement citoyen, nous étions mus par quelque
chose de fort mais nous ne savions pas encore très bien de quoi il retournait. J'ai vu aussi le rapprochement des parents, profs, élèves, directeurs d'écoles, tous parlant le même langage, tous
unis pour défendre l'éducation.
La mort d'une civilisation et la naissance d'une autre doivent se faire simultanément, de manière à ce que les dégâts ne fassent pas trop de victimes. Mais je crois que nous avons la capacité de
nous organiser quand il y a de grandes catastrophes. Et si tu veux, nous n'allons pas nous retrouver dans un désert aride. Nous avons tous ce qu'il nous faut pour vivre. Ce sont les grandes
structures qui vont tomber, déplaçant toutes les valeurs, anéantissant la valeur de l'argent. Des mois, des années difficiles mais le jeu en vaut la chandelle. Il y a une énorme volonté des gens de
se prendre en main.  Bises à toi....