Internet, nouveau symbole de la démocratie ?

Publié le par plumedecib


Quelque chose d'extraordinaire est en train de se produire.  La civilisation, comme la nature évolue par cycle. Chaque début de siècle voit son train de bouleversements fondamentaux. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que nous nous sentions aujourd'hui comme écrasés sous une chape de plomb, certains que quelque chose va se passer, mais nous ne savons pas quoi, ni quand. Nous attendons l'Evénement strident, immédiat. Nous sommes en effet habitués au défilement rapide et permanent d'images, à la vie concentrée dans un film de 1 heure 30. Les ellipses nous ont donné une notion de temps bizarre. C'est pourquoi nous voulons tout tout de suite et nous croyons que tout peut changer en une minute 50 s. Et c'est pourquoi ne nous ne percevons pas encore les prémisses du grand bouleversement.
Ce que notre conscience ne sait peut être pas encore mais que notre inconscient a capté, c'est que le Monde est bel et bien en train de changer. La Crise n'est qu'une conséquence matérielle inévitable.
Nous venons de passer un siècle de civilisation américaine. Une civilisation entièrement basée sur le mythe du progrès. Nous croyions en effet que le progrès n'avait pas de limite, que la consommation serait toujours nourrie de nouveaux besoins, que les hiérarchies auraient toujours de nouveaux paliers, que les pauvres deviendraient riches. Un siècle de consumérisme qui va de pair avec le mythe du progrès. Nous assistons d'ailleurs aux derniers soubresauts du consumérisme, attisé par le gouvernement, repris par les publicitaires, la défense du Pouvoir d'Achat ! 
Civilisation de grande industrialisation donc, civilisation de consommation. Nous venons de nous rendre compte qu'il y a des limites à la consommation et qu'en plus consommer ne rend pas heureux. C'est pourquoi le système est en pleine crise. Le matérialisme est un grand vide, nous avons beau le remplir d'objets, il est toujours vide. Donc, les objets n'offrent qu'un plaisir vide, une illusion de bonheur que la mélancolie du manque rattrape inévitablement .
Au départ de cette civilisation, il était question d'industrialiser tous les pays, mais le système a continué à enrichir les grandes puissances et à appauvrir les Pays déjà misérables. Bref, la machine est en... panne. Car il s'agit bien de panne et non de crise. La civilisation américaine a donné tout ce qu'elle avait, elle n'est plus. Les américains eux-mêmes en élisant un métisse ont sonné le glas de plus de 300 ans de racisme et ont décrété au Monde qu'ils acceptaient la mort de leur civilisation.. On ne sait pas si Obama est le Messie attendu et s'il a compris qu'il devait rompre catégoriquement avec la politique de ses prédécesseurs, mais il est en tous cas le point de finalité d'une civilisation et le point de départ d'une nouvelle civilisation. Les américains ont gros à jouer dans cette Histoire ! Ils peuvent redevenir des acteurs incontournables ou jouer les seconds rôles ou même n'être que des figurants.

Ce n'est pas la mort du Capitalisme.

Parce qu'en plus nous assistons à la fin du capitalisme Occidental et à l'arrivée du capitalisme Oriental. Deux formes plus ou moins violentes de ce nouveau capitalisme sont à prendre en compte, le capitalisme chinois et le capitalisme des Indes. On sait d'ores et déjà que si la Chine se retire du champ économique américain, les USA ne survivront pas. Tout est donc en place pour un basculement radical, impossible de faire machine arrière. Les formes de capitalisme oriental ont au moins l'exemple du capitalisme américain pour ne pas renouveler les mêmes erreurs. Cependant, il faut noter que la notion d'équité en Chine est loin d'être une évidence. Le capitalisme Chinois est on ne peut plus barbare. Il déclenche une vague de pauvreté et d'exclusions mortelles.
Il y a un autre problème : Ce déplacement planétaire du capitalisme signe la fin de la civilisation occidentale et donc la fin des Lumières, des droits de l'Homme et du Citoyen. La Chine ne reconnaît pas les droits de l'Homme et du Citoyen.
Donc la Crise actuelle n'est ni économique, ni financière. C'est tout simplement l'agonie d'une civilisation.

Alors pourquoi mon titre ?

Sans que nous en soyons conscients, Internet recrée la véritable Démocratie. Abolissant la notion de Producteur-consommateur, expert-amateur, il permet à chacun de s'exprimer selon son expérience et ses compétences sur un terrain d'égalité, de former des communautés sans hiérarchie, de projeter des actions solidaires, d'échanger avec tous les citoyens du Monde sans à priori, juste par le seul intérêt de l'information, de l'enseignement, la curiosité de l'Etre pour un autre Etre. Nous sommes en pleine démocratie. Démocratie planétaire, je le souligne. Grâce à Internet, nous repoussons en douceur le capitalisme barbare. La notion de travail est synonyme de valeur et non plus d'argent. Les jeunes sont imprégnés maintenant de la culture Internet qui loin, de les lobotomiser, les élève au contraire dans une sphère quasi spirtiuelle où il n'est plus question de monnayer son savoir. En effet, nous voyons se multiplier les échanges de compétences dans un pur souci d'entraide. Nous sommes des millions à "travailler" sur Internet sans pour cela demander en retour des espèces sonnantes et trébuchantes. Il me semble évident que la civilisation démocrate basée sur la solidarité c'est-à-dire une démocratie pure est en train de naître sur Internet. Garante des Droits de l'Homme et du Citoyen dans sa forme la plus pure, elle aura à lutter contre le capitalisme barbare. Mais nous sommes des milliards, nous devrions faire le poids !


Publié dans FUTUR

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jean georges 18/01/2009 01:04

Bonsoir,Ce que je retiens de ces brillantes constatations philosophiques.1) INTERNET oui, bien sûr j'ai 71 ans et je n'ai découvert cet instrument que depuis trois ou quatre ans. Ce qui m'a facilité la tâche pour apprendre c'est qu'à l'armée on m'avais baptisé " Dactylo" pour un maçon que j'étais à l'époque. Mais des retraités aujourd'hui , combien fréquentent les blogs, combien se tiennent informés par ce moyen, à mon avis trés peu  par les séniors. Les jeunes bien sûr, la plupart ont certes la pratique d'internet mais la plupart du temps ils sont plus préocupés par les vidéos musicales de Youtube  dailymotion ou par  des jeux en ligne  que par les fourberies de sarkosy et de son équipe.et les graves nouvelles du monde.  Il reste il est vrai que internet est aujourd'hui un des rares moyens d'information les moins " polluant" je ne dis pas entièrement  démocratique car faut-il encore  choisir les bons sites. mais internet est a double tranchant et mon voisin ira peut-être sur un site sarkosiste ou , réac, proaméricain , ou islamiste . et subira sa ration d'info qu'l veut entendre.NON LE CAPITALISME N'EST PAS MORT!Là vous avez totalement raison. un système capitaliste " oriental" accompli, ( car il existe un peu) serait assurément trés dangereux mais le système occidental, certes ébranle par la crise tient encore le coup, le ralentissement de la consommation a quelque peu chuté au US et en Europe mais ce n'est que passager à mon avis, il y a une citation d'un économiste américain Milton Friedman qui illustre parfaitement l'esprit de ce pays:   Voilà en gros mon humble avis sur votre brillant je dirai " Edito"Cordialement 

plumedecib 18/01/2009 10:37


Tout va très vite jean-georges. Internet s'est démocratisé avec avec l'ADSL bien sûr et avec son accès illimité grâce aux forfaits des FAI à 30 euros. C'est très, très jeune. Si au début en effet
les retraités paraissaient un peu perdus devant l'outil, ils s'y sont rapidement adaptés et représentent aujourd'hui une majorité avec les jeunes.... Evidemment, ce n'est pas la majorité des
français... Mais comme "mes brillantes constations" le précisent, il faut du temps. Même si on en a ras le bol, ça ne changera pas tout seul, et pas du jour au lendemain. On ne peut pas non plus
espérer un résultat immédiat à nos entreprises... 


Roland 18/01/2009 00:15

En effet le dernier paragraphe de votre article est capital et lumineux, c'est bien ça qui se passse et qui est l'espoir (l'un des très rares ! à part Chavez et Vandana Shiva !) de notre époque.j'avais déjà lu Jean-Pierre Petit exprimer cette idée au détour d'un de ses articles labyrinthes.Je vais me dpécher de mettre un lien à ce billet sur mon blog ! l'atmosphère que vous décrivez on la sent aussi sur ce qui est devenu un de mes sites préférés depuis que je l'ai découvert Ipernity.com

plumedecib 18/01/2009 00:44


Merci Roland..Les esprits s'éveillent, c'est essentiel et cela doit nous porter....


fleche 16/01/2009 08:51

Je n'ai jamais bien compris pourquoi les gouvernants se réjouissaient tant de la progression des taux de croissance et du pouvoir d'achat.On ne peut pas continuer à "progresser" ainsi.Les gens en place oubliaient souvent de dire qu'en produisant plus, on pollue plus, qu'en produisant plus, certains sont exploités, qu'en produisant plus, le gaspillage est également très présent.La crise économique ou "panne" devrait servir à une prise de conscience. Encore faut-il que les gouvernements en place et les financiers veulent bien ouvrir les yeux. Encore faut-il qu'ils prennent les bonnes mesures plutôt que d'injecter des milliards d'euros ou de dollard dans un système qui agonise. Des milliards qui n'existent d'ailleurs pas.

plumedecib 16/01/2009 09:00


Oui, on dirait que les économistes de l'époque ont agi par naïveté en prônant le mythe du progrès. Ils n'ont pas du tout intégré les dommages collatéraux qui maintenant atteignent des sommets dans
tous les domaines et bien sûr celui de l'environnement.
Mais en plus quand je vois, à travers le regard de Denis Zodo sur le continent Africain, tous ces africains qui ne rêvent que de "l'american dream" et n'hésitent pas à détruire leurs richesses,
cela me rend triste. Une bouffée d'air frais pourrait venir au contraire de ce continent magnifique.... 


denis Zodo 15/01/2009 12:05

Bonjour, c'est grace à cet outil de fin 20e siècle qui bouleverse notre environnement et notre quotidien sociologiques. je t'emprunte cette belle phrase" ce que notre conscience ne sait peutre être pas encore, que notre inconscient a capté, c'est que le monde est bel et bien en train de changer. la crise n'est qu'une conséquence matérielle inévitable." en parlant du capitalisme, nous sentons les effets colatéraux de la crise économique et financière. je pourrais terminer par cette phrase: que c'est la fin du film qui fait pitié.