La suppression des classes de maternelles nous concerne tous !

Publié le par plumedecib


Cette réforme ne concerne pas seulement les parents qui ont des enfants en bas âge ou qui vont en avoir. Elles nous concernent tous. Pourquoi ? Parce que tôt ou tard c'est nous qui devrons mettre la main à la poche pour payer les structures d'accueil des jeunes enfants !

VOYEZ DONC CE QUI VA SE PRODUIRE :

- A la prochaine rentrée scolaire, les écoles n'accepteront plus les enfants de deux ans et demi.
- les crèches obtiennent de plus en plus d'autorisation pour accueillir les enfants jusqu'à quatre ans parfois !
- Il est prévu d'avancer l'âge obligatoire de scolarisation à 5 ans. Ce pourrait être une bonne chose si cela ne cachait pas une autre chose : Les classes de grandes sections qui reçoivent les enfants de 5 ans vont être intégrées aux écoles élémentaires ! Ce qui veut dire que les maternelles vont disparaître au profit de structures locales payantes.
Flèche explique dans son commentaire :"Car évidemment ce sera à la charge des communes, évidemment il n'y aura pas eu de transfert de charges, et donc évidemment le service s'il est mis en place par les communes ne pourra être que payant, sinon ce sont les impôts locaux qui vont grimper en flèche et qui arroseront tout le monde."


Comprenez-vous maintenant pourquoi il est indispensable d'être solidaires avec les enseignants et les parents d'élèves ?


 

Publié dans Enseignement

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naradamuni 12/12/2008 16:55

La journée d’Enzo3 septembre 2012Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit.La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis ilexpliquait mal.Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; sonventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler etapprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pasde retraite.Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côtéde son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et danscelui de son frère.Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes.Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille damedisait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formationn’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Le gouvernement a-til reçu un mandat populaire pour cela ? Qu’attendons nous pour réagir ?Les écrits modestes et radicaux de yann Fiévet : http://www.yanninfo.fr

djerari rachid 11/12/2008 11:16

Sous commandant Darcos,Avec ses méthodes guerrières masquées sous un air de premier de la classe, le ministre de l’Éducation Xavier Darcos a fini par obtenir ce qu’il mérite. Partout, en métropole comme dans les Dom, on s’organise, occupe des écoles, pétitionne, en appelle à la désobéissance. Une résistance qui regroupe aussi bien les syndicats d’enseignants, les syndicats lycéens et étudiants que les parents d’élèves. Preuve qu’il ne s’agit pas d’un mouvement corporatiste comme aiment à le dire ceux qui prennent des mesures sans concertation et s’étonnent ensuite des réactions négatives. Je ne suis pas un spécialiste de l’Éducation. Comme beaucoup de Français je suppose, je n’ai jamais rien compris aux réformes de l’enseignement. Mais pour une fois, les choses me semblent claires. La réforme promise par le ministre de l’Éducation s’apparente plus à une opération de guérilla qu’à une volonté de rénover un édifice jugé poussiéreux. Ainsi, après avoir supprimé 11 200 postes en 2008, Xavier Darcos prévoit de supprimer 13 500 postes en 2009. Au risque de paraître naïf, je me pose une question. Soit tous ces enseignants étaient inutiles, et on peut s’étonner que des gouvernements successifs (de gauche comme de droite) aient pu les payer à glander. Soit ils étaient utiles et on s’explique mal que l’on puisse brutalement se passer de leurs services, même si l’on invoque ici ou là une diminution des effectifs d’élèves. Ce n’est pas tout, 3 000 postes de maîtres spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté, les bien nommés Rased, sont menacés d’être rasés ! À tout cela, il faudrait ajouter les propos désobligeants tenus par Darcos sur les enseignants de maternelle uniquement occupés d‘après lui, à faire faire des siestes et changer les couches ; les grands coups de ciseaux dans les sciences économiques et sociales ! Bref, on comprend que les professeurs et les parents d’élèves jugent alarmantes les méthodes de Jivaro du sous-commandant Darcos.

Philippe 11/12/2008 00:23

Il faudrait une manif de l'ampleur de 1984 ...

plumedecib 11/12/2008 08:14


oui mais sans compter sur les médias pour commenter l'événement. Nous n'en sommes pas encore revenus à l'époque de l'ORTF mais c'est tout comme. A l'époque, il n'était pas permis de parler de grève
et de manifestation à la télé. En ce moment en France, les lycéens, enseignants, parents, IUT, élémentaires sont dans la rue !
 


Falconhill 10/12/2008 14:26

Le commentaire de Flèche, en tant qu'élu local (tout petit), me touche particulièrement. On a de plus en plus souvent l'Etat qui se décharge sur les villages, à propos de leurs missions... Tout le monde sera perdant au final. C'est affligeant  

plumedecib 10/12/2008 14:32


Oui, les témoignages de flèche sont particulièrement intéressants et révélateurs.