Amoniac et Mercure à Pancevo

Publié le par plumedecib

...... DÉSASTRE ANTICIPÉ DANS LES BALKANS

Amoniac et mercure à Pancevo

Les dépôts d’ammoniac, destinés à la fabrication d’engrais, ont également été visés. S’ils n’avaient pas été vidés peu avant par précaution, leur explosion aurait tué toute forme de vie à 10 km à la ronde, l’exposition directe au gaz d’ammoniac étant fatale pour l’homme. On a donc évité le pire, mais la faune du Danube, où ce liquide s’est répandu, a été détruite jusqu’à 30 km en amont. En outre, «plus de 1 000 tonnes d’hydroxyde de sodium (soude caustique) s’y sont écoulées», selon le rapport du Centre régional de l’Europe de l’Est pour l’environnement (REC). Depuis lors, la pêche a complètement disparu et l’irrigation des cultures est devenue problématique. Les fonds sablonneux du fleuve ont emprisonné des métaux lourds, toxiques même à de très faibles concentrations, pour des dizaines d’années. Outre la Yougoslavie, la Roumanie et la Bulgarie sont concernées.
«Le sol a été contaminé par environ 100 tonnes de mercure», précise le maire de Pancevo. Ce métal extrêmement toxique s’introduit dans la chaîne alimentaire et détruit les organes qui l’accumulent, comme les reins, le foie et le système nerveux. De son côté, l’ESB estime ce chiffre à huit tonnes seulement. Elle ajoute que, suite aux frappes sur la seule raffinerie de pétrole, «80 000 tonnes d’hydrocarbures et de produits pétroliers ont brûlé, dégageant des substances nocives dans l’atmosphère». La concentration de CVM dans l’air était 10 600 fois supérieure à la norme tolérée, selon l’Institut pour la santé publique de Belgrade. A cette époque, les vents soufflaient de l’Ouest: la Roumanie et la Hongrie ont donc été touchées. 

Le plus grave est à venir
Les trois autres «points écologiquement chauds» ont subi un sort comparable. Entre le 5 avril et le 9 juin, la raffinerie de Novi Sad a été bombardée une douzaine de fois. Environ 73 000 tonnes de pétrole brut et de produits dérivés ont brûlé ou fui dans les canalisations. Les eaux souterraines polluées se sont infiltrées dans les puits situés à proximité de la raffinerie, privant la population d’eau potable.
A Kragujevac, les frappes sur l’usine d’automobiles Zastava, «ont provoqué une pollution de grande ampleur, touchant les sols, les eaux et l’atmosphère», rapporte l’ESB qui a détecté des niveaux élevés de biphényles polychlorés (PCB). Interdites au milieu des années 80, ces substances toxiques sont encore présentes dans les vieux équipements électriques. Elles se lient aux sédiments dans les cours d’eau et ne se dégradent qu’au bout de plusieurs années.
A Bor, une contamination aux PCB et une grave pollution atmosphérique due à des émissions de dioxyde de soufre (dangereux pour les asthmatiques) ont été constatés. Les bombardements des mines de cuivre, de la centrale électrique et du dépôt d’hydrocarbures, situés à proximité de cette ville, près de la frontière bulgare, ont affecté aussi ce pays. Le journal 24 Heures de Sofia rapportait que des oiseaux tombaient du ciel, tués par le nuage toxique qui a occasionné des pluies acides. En même temps, au Kosovo, les paysans ont vu les arbres se dénuder au milieu du printemps. 
Toute la chaîne alimentaire a été atteinte: du fourrage au bétail, au lait et à la viande; des fruits et légumes aux consommateurs. Bronchites chroniques, asthme, eczémas, diarrhées, complications thyroïdiennes ont déjà été décelés, mais les autorités serbes préfèrent les occulter. En fait, les plus graves problèmes de santé sont à venir.  suite sur le SITE DE l'UNESCO  

Nevena Popovska et Jasmina Sopova, respectivement journaliste à Skopje (République de Macédoine) et au Courrier de l’UNESCO.

Publié dans GUERRE

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