Le syndrome des Balkans inquiète les capitales européennes

Publié le par plumedecib


Plusieurs militaires européens, dont quatre français, sont victimes de cancers après avoir servi en Bosnie et au Kosovo. L’OTAN est sommée de s’expliquer sur l’utilisation de l’uranium appauvri.

Quatre soldats français soignés pour une leucémie après leur retour des Balkans, six décès attribués en Italie à un mystérieux " syndrome des Balkans " qui affecterait une trentaine de soldats italiens (dont la moitié de cancers) ayant participé à des missions de paix dans l’ex-Yougoslavie, cinq cas de cancers signalés en Belgique, d’autres cas similaires aux Pays-Bas et au Portugal, un officier grec atteint de leucémie, des milliers de Finlandais, Espagnols, Suisses, Allemands, Portugais, Turcs, Belges, Grecs, Tchèques et Bulgares en opération en Bosnie et au Kosovo bientôt soumis à des contrôles médicaux… De Rome à Bruxelles en passant par Porto, Madrid, Paris, Stockholm et Helsinki, " le syndrome des Balkans " est pris très au sérieux dans presque toutes les capitales européennes, faisant souffler un début de vent de panique.

" Le syndrome des Balkans " est le nom donné à un ensemble de pathologies (surtout des cancers) à l’origine inexpliquée touchant des militaires européens en mission dans cette région depuis 1992. Son nom fait référence au " syndrome de la guerre du Golfe " qui frappe quelque 100 000 anciens soldats américains et britanniques et pour l’instant des dizaines de français. Les autorités militaires des pays concernés ont toujours refusé d’établir un lien de cause à effet entre ces maladies et la présence des soldats dans le Golfe. Idem aujourd’hui avec l’ex-Yougoslavie. Mais plusieurs associations, notamment des écologistes, accusent l’uranium appauvri de provoquer principalement des décès, des malformations et des problèmes de stérilité. Moins radioactif à l’état naturel que l’uranium, ce métal extrêmement dense sert à percer les blindages les plus épais. Le danger proviendrait non de la radioactivité mais des poussières particulièrement toxiques que les munitions à l’uranium appauvri dégagent à l’impact.

Lors de la campagne de l’OTAN au Kosovo au printemps 1999, l’Alliance a reconnu avoir tiré plus de 30 000 obus à uranium appauvri. Dix mille de ces munitions ont aussi été tirées pendant la guerre de Bosnie en 1994-1995. Selon un haut responsable de l’armée yougoslave, les bombes de l’OTAN ont causé la contamination de cinq zones en dehors du Kosovo. Jusqu’à présent l’OTAN rejette tout lien entre l’utilisation de l’uranium appauvri et les maladies dont souffrent les soldats. Mais plusieurs pays de l’Union européenne souhaitant l’ouverture d’une enquête officielle. La Commission européenne " a besoin de connaître la vérité " a déclaré son président Romano Prodi : " S’il existe le plus petit risque, alors ces armes devraient être immédiatement supprimées. ....


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Publié dans GUERRE

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