J'espère que nous savons ce que nous avons à faire...

Publié le par plumedecib


Rugir contre les effets de la crise ne me semble guère plus efficace que de tempêter contre les effets d'un Tsunami. Nous vivons simplement les conséquences de dizaines d'années d'insouciance, d'individualisme âprement disputé. Et aujourd'hui encore, si on pouvait, chacun n'aurait pour seule idée que celle de sauver son cul. Tant pis si au passage, on marche sur l'autre. Il ne nous reste plus qu'à nous accrocher au bastingage en attendant que ça passe. Et surtout prendre acte de la conséquence de nos actes et surtout de notre irresponsabilité. 

Quelque part, l'élection de Sarkozy a du bon car elle nous met face à nous-mêmes. Ce type est la caricature de ce que nous sommes devenus. Il est un pur produit d'après-guerre, émanant de cette génération qui s'est crue épargnée et donc agissant en toute impunité. Il a surgi sur les sommets du Monde, tel un coq enrubanné fier de ses mollets. Il ergote, il cocotte, il nous foudroie de sa conne exubérance, reprenant avec aisance le ballet de la poule qui vient de trouver un couteau. Il ne sonne plus l'aube mais chaque heure du jour éructe des balivernes qui tonnent dans le bref éclat du vide. Bras en croix, baillant aux corneilles, plombés de nos certitudes, les deux pieds dans le fumier, nous nasillons encore aux dernières lueurs du crépuscule, espérant sans doute décrocher le coquetier. Nous sommes des nases profondément étonnés de découvrir la crotte que nous avons, après tant d'efforts, réussi à pondre. Et l'on s'étonne qu'elle ne sente pas la rose, et l'on se dit que ce ne doit pas être la nôtre, mais bien celle du con d'à côté, overdosé de barbituriques et de télé réalité. Nous lançons sans retenue notre hargne sur le gouvernement rupin comme le fit autrefois le peuple affamé. A sa décharge, il n'était pas lettré. 

C'est au peuple de tout entier de se remettre en cause. Qu'il plonge un peu dans son histoire pour ne pas sans cesse reproduire la même prose. Etêter du chouan, de l'aristo lampadaire ou du politique sectaire n'a jamais fait revivre Voltaire.

Il est temps peut être aujourd'hui de faire la part des choses, non pas de s'auto flageller car pour le passé nous ne pouvons rien. Par contre, pour l'avenir, nous avons toutes les cartes en mains. Grâce à l'outil Internet, nous sommes à peu près informés et même s'il reste de nombreuses zones d'ombres, nous pouvons sans trop de peine déchiffrer les occultes ballets. En ajoutant nos compétences, nous y verrons plus clair. Ne nous considérons pas comme descendants du divin mais récepteur solidaire du savoir du vivant et de tous ceux qui ont vécu, faisons cause commune et non plus bande à part. 

Nous avons entre nous un lien qui passant pour virtuel n'en est pas moins réel. Nous nous agitons certes chacun dans nos coins, nous plaignant d'être isolés et sans mains à attraper. Et bien sûr peu lisent ce qu'écrivent les autres. Mais quand même, un filet, un ru est toujours à l'origine d'un grand fleuve. Alors si peu que nous sommes, commençons pas nous tenir la main. Lançons des actions ensemble, passons les ponts, faisons une ribambelle même virtuelle. Essayons au moins. 

Publié dans La Rubrique de Cib'

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charlotte 29/10/2008 12:30

Et en ce moment le lit tracé sur nos joues se creuse se creuse tant les petites gouttes d'eau qui coulent des fenêtres de notre âme se multiplient.  Tu as raison  l'élection de l'autre agité nous a tous poussés à créer notre petit blog, on pourrait peut être lui adresser un petit mot de remerciement non ? (hihihi) Doit pas en avoir beaucoup en ce moment......des remerciements à part de ses copains financiers ! Bisous les belles 

plumedecib 29/10/2008 13:10


bon, je vais lui concocter un bon merci... Bises


mycr 28/10/2008 22:28

Un océan est un ensemble de petites gouttes d'eau.  Et c'est cet ensemble de petites gouttes d'eau qui finissent par user les plus gros rochers.  Cib, tu fais partie de ces gouttes particulièrement brillantes.Bises

plumedecib 29/10/2008 00:08


toi également et toutes ces petites gouttes d'eau n'ont parfois pas d'autre lit que celui tracé sur nos joues.... Bises bichette