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 Plume de cib'

Plume de cib'

libre et donc sceptique.


Les dérives si prévisibles de l'amour de l'Avoir

Publié par plumedecib sur 8 Septembre 2008, 08:29am

Catégories : #La Rubrique de Cib'



On ne choisit plus un métier par affinités, pour s'épanouir, pour développer et nourrir une passion mais par rapport à son salaire. D'ailleurs tous les documents d'orientation des jeunes concluent par le montant du salaire initial et celui qu'on peut espérer.

Les métiers de la médecine ont donc raflé une bonne partie de la clientèle aux yeux emplis de larmes d'envie. Et c'est ainsi que vous allez chez le dentiste, qu'il vous bousille une dent et qu'il vous propose ensuite une couronne sur laquelle les prestataires se font des c...... en or. Genre le produit au départ revient à 30 euros. Dans la bouche, il vaut 700 euros ! Ou qu'on va chez le médecin qui vous rédige une ordonnance de deux pages parce qu'il combine avec le.... visiteur médical. Oui, le joli mot. Ou tout simplement qu'il vous entretient une maladie imaginaire.

La médecine à la cote rapport au métier d'avocat parce qu'elle est payée par notre service de sécurité sociale. Une bien merveilleuse invention sans doute née dans l'esprit simple d'un homme de bien et repris chaleureusement par des hommes de biens ! Les laboratoires font chou gras et toute la petite communauté de la médecine spécule sur la santé à seule fin de rendre un peu plus rondouillard le trésor amassé sur la crédulité des gens. Les gens, c'est-à-dire nous, qui n'avons plus que notre santé à entretenir pour caresser l'espoir de jours meilleurs, sommes devenus paranos à force d'être bombardés de publicité nous accusant d'imprudence. Et comme si les vendeurs de santé n'avaient pas assez d'atouts dans leur trousse pour nous faire flipper à seule fin d'augmenter la facture, les industries en collaboration avec les laboratoires ont inventé des produits qui rendent les fruits et légumes jolis et qui dévastent notre intérieur.  Tout ça pourquoi, mon ami, mon amie, pour le plaisir de palper du pognon et d'avoir l'impression d'être un talentueux bonimenteur pourvu du pouvoir, agrémenté  d'un droit de vie et de mort sur le peuple agrippé  à sa santé comme le marin naufragé à un morceau d'épave. Et de temps en temps, l'état, la sécu et les laboratoires se mettent ensemble pour commander aux grands publicistes une campagne pour écouler les stocks de vaccins plus ou moins en bonne santé ! Des gens en meurent, d'autres attrapent de grosses maladies, mais sont perdus dans la masse de ceux qui n'ont rien.

On ne devient plus médecin pour le goût de donner vie mais pour celui de faire de la vie un produit de consommation.
On ne devient plus avocat pour défendre le gueux mais pour celui d'attraper l'affaire qui fera le plus de pub et le plus de fric, pour ce rapprocher du milieu, aussi. Mais quand on est avocat, on est aussi souvent franc-maçon, genre de sauf conduit d'immunité.

Mais de même qu'on ne devient plus ébéniste pour l'amour du bois mais pour devenir IKEA !
Et on ne construit plus de maisons pour l'amour de la pierre, pour la pérennité de l'ouvrage et le message que l'on envoie au temps, mais pour loger des pigeons qu'on espère dodus qui se feront plumer pendant trente ans et qui n'auront au final qu'un taudis planté sur des simili fondations avec plus de sable que de ciment, des murs lézardés, des portes qui n'entrent plus dans leur cadre, des robinetteries défaillantes, du carrelage gondolé qui se fissure et j'en passe. La liste des mal-façons est si longue qu'on n'y fait même plus attention.

D'ailleurs il faut dire qu'on accepte tout de nos jours, même du pain gonflé à l'air et déjà raide comme du bois à peine rentré à la maison. Et dire que le pain était notre fierté nationale ! Il y a tant et tant d'incompétence qu'on est prêt à se réjouir quand on tombe sur la perle rare, le pro qui aime son métier et qui vous bichonne la santé ou le buffet.

Tout fout le camp, mon ami, mon amie. Nos grand-parents le disaient déjà, on les croyait radoteurs, empêcheurs d'accepter le progrès, le grand sauveur de l'humanité ! Nous y voici, nous y voilà ! Et ça ne va pas aller en s'arrangeant puisqu'on ne trouvera plus désormais de plaisir à aller travailler pour seulement faire tourner la boîte, pour que les grands deviennent encore plus grands. Plus grands, plus indispensables, plus maîtres du monde. Travailler plus pour gagner moins, oui je veux bien, mais tout le monde alors !!! Qu'on ne travaille finalement plus pour gagner plus mais pour être heureux tout simplement. Et là, on verra ô miracle, les prix baisser....

C'est une idée comme une autre naaan ? 

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aliciabx 08/09/2008 17:41

Absolument d'accord avec toi.Et tu pourrais écrire le mot Amour avec un grand A.L'essentiel est de faire ce qu'on aime, plus ou moins lucratif mais aussi de le bien le faire.Mlheuresuement, nous voyons tant de personnes qui ne sont faits pour leur métier, qui le font n'importe comment.Peut-être une des causes de l'incompétence que nous rencontrons de plus en plus, aujourd'hui.Il faut un minimum de motivation à part le salaire.Me trompè-je ?

plumedecib 08/09/2008 17:52


Je  crois que tu ne te trompes pas, alicia.... Je désespère de voir de la belle ouvrage ! plus rien n'est fait correctement, avec l'amour. Tout est fait en dépit du bon sens. Tout le monde se
fout de tous. Y en a marre de cet état d'esprit devenu général. On dirait que nous ne sommes pas maîtres de notre destin, que nous obéissons tels de gentils robots à des ordres venus d'ailleurs.
Mais bon sang ! On est tellement heureux de faire ce que l'on aime. Ce ne doit pas devenir un luxe ! Et notre passage sur terre est si court.....


fleche 08/09/2008 12:07

Complètement d'accord avec ce que tu écris Cib.Mais peut-être que tout n'est pas perdu.Je connais un jeune homme qui n'aime pas les études mais aime le bois et il est en apprentissage pour devenir ébéniste.Je pourrai citer maints exemple autour de moi. Ca existe encore des gens désintéressés. Eh oui. Sont pas forcément très nombreux mais ils existent encore !

plumedecib 08/09/2008 12:50


Ah tant mieux Flèche... Comme on dit ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières... A nous donc de faire naître des petits ruisseaux....


Anakyne 08/09/2008 10:32

Absolument d'accord avec vous, plus aucun métier à ce jour ne s'envisage par vocation pure, le fric passe avant tout. C'est bien dommage et dommageable.Bonne journée. 

plumedecib 08/09/2008 11:13


J'ajoute que nous sommes dans une spirale d'échecs et de désillusions sans précédent. Les idéaux ne sont plus que de vagues rêves d'utopistes. Nous plongeons dans un magma infernal où l'envie, la
jalousie, la frustration sont les épices de nos vies sans saveur

mycr 08/09/2008 09:18

Tu mets le doigt sur l'essence de notre société.Cela fait des années que j'essaie de vivre de ma passion.  Mais je ne fais que survivre.  Mon problème est que l'histoire, la culture, la pensée ne sont pas "marketables".Et pourtant n'est-ce pas la base d'une civilisation?

plumedecib 08/09/2008 09:33


Mycr, j'ai décidé moi aussi de vivre de ma passion qu'est l'écriture.... Je n'attends pas de gagner des millions. J'ai fait pas mal de métiers, j'ai gagné de l'argent et je n'étais pas heureuse car
au fond de moi, j'avais l'impression de passer à côté de ma vie. Je me passe aujourd'hui de beaucoup de choses et paradoxalement, tout ce que je croyais indispensable avant ne me manque pas...
Je sais que tu es passionnée par l'histoire et en particulier par celle de l'Egypte. Et je pense que tu ne serais pas heureuse si tu devais t'en éloigner... Alors je ne peux que t'encourager à
continuer ton exploration. Tu y puiseras tout le bonheur dont tu auras besoin... Et si ta passion venait à te peser, c'est qu'elle ne serait plus passion.... Nous, on aime quand tu nous fais
partager tes voyages dans le temps.... Bises Ma MYCR ! 


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