Tricastin n'est pas un fait divers, mais un crime contre l'humanité

Publié le par plumedecib

Et il y a fort à parier que pour ce crime, les auteurs ne seront jamais inquiétés ! 
- Parce qu'en France, la radioactivité n'a pas les mêmes effets que dans les autres Pays et donc les pollueurs n'ont à supporter aucune responsabilité. D'ailleurs la France n'aime pas la radioactivité et a conçu des frontières qui la repousse.
Il crie, il s'époumone, il s'offusque pour un fait divers car un fait divers met en scène des citoyens lambda qui ont le privilège d'être victimes ou coupables, plaints ou blâmés, et peuvent servir d'étendard ou de défouloir. Des faire-valoir pour notre Président, ses courtisans, ses financiers, qui peut ainsi se mettre en scène et s'appuyer sur eux pour jouer le rôle principal. Le Chevalier Blanc est de retour.
Mais Tricastin, c'est une autre histoire. Le bonhomme beau Seigneur des comités de thunes annonçait il y a quelques jours qu'un nouvel EPR allait être construit. Les français dans leur grande générosité lui ont d'ailleurs soufflé l'endroit de son installation, les Hauts de Seine. Oui, on est comme ça que voulez-vous, on aime partager.
TRICASTIN, c'est une longue histoire de pollution de site, de foutage de gueule dans l'indifférence générale, car, pour des raisons économiques, il faut dire que le nucléaire c'est bien. Des déchets radioactifs à peine ensevelis voisinant avec des champs de salades, vive le Progrès. On savait que les légumes étaient aujourd'hui irradiés avant d'être mis sur le marché pour garder leur belle forme plus longtemps. Et bien à TRICASTIN, on fait des économies de transport, on est à fond dans l'écologie, on irradie sur place !
Et comme le Rhône, ce coquin, n'était pas assez stigmatisé avec le PCB, on lui administre de bonnes doses d'uranium, tandis que des populations entières boivent son eau goulûment car on ne cesse de nous dire que l'eau du robinet, c'est bien . Même passée dans les usines de traitement, je doute qu'elle sorte toute vierge de pollution.
Les nappes phréatiques contiennent de l'uranium sous le site de TRICASTIN. Les forages qui servent à arroser les fruits et légumes de la Drôme sont donc bien servis.
Mais TRICASTIN ne fait pas vendre à priori. Et surtout, le petit Nabot ne souhaite pas trop rendre visite au site à priori, pas plus que d'embêter AREVA, responsable de ce désastre écologique. L'air est plus pur dans les jardins de l'Elysée et la Jet Set ou les dictateurs nettement plus supportables que les effluents de l'Usine.
Quand aux français, ils n'habitent pas tous près de site et considèrent certainement que ce problème ne les concerne pas. Ouf ! Ils sont hors de portée des rumeurs et humeurs radioactives ! Qu'ils le croient en continuant de dévorer leur fraîche salade estivale.
Corinne Castagnier, présidente de la Criirad n'a certes pas l'impact médiatique d'une Ingrid Bétancourt ! Elle n'ira pas voir la Vierge à Lourdes et ne sera pas faite chevalier de la Légion d'Honneur. Et pourtant, elle hurle, elle agite les bras pour qu'on la voie, pour qu'on l'écoute !

LIBERATION 
Que se passe-t-il exactement sur le site nucléaire du Tricastin dans le Vaucluse? De nouvelles mesures mettent à jour des traces d'uranium apparemment sans rapport avec la fuite du 7 juillet dans la nappe alluviale. La Criirad énonce l'hypothèse de vieux déchets militaires entreposés sous une butte de terre.
Que se passe-t-il exactement sur le site nucléaire du Tricastin dans le Vaucluse? On ne sait pas exactement, mais la présence d'uranium, détectée dans la nappe phréatique située aux abords du site, relance la polémique au sujet de la gestion de la Socatri. Et des déchets radioactifs en général. Cette filiale d'Areva, chargée de traiter des effluents uranifères de l'usine Eurodif (qui enrichit l'uranium utilisé dans les centrales), a été au centre de l'actualité la semaine dernière pour avoir relâché accidentellement 74 kilos d'uranium dans l'environnement. Incident ou négligence? L'enquête de l'Autorité de sûreté nucléaire a relevé plusieurs erreurs concernant la gestion des effluents uranifères issus d'Eurodif.
Depuis, des teneurs en uranium, parfois jusqu'à 10 fois supérieures à la normale, ont été détectées en plusieurs endroits dans la nappe phréatique à proximité du site. Mais ces traces ne peuvent être en rapport avec la fuite de la semaine dernière: l'eau contaminée ne peut avoir migré aussi rapidement. « Pour nous, cela signe l'impact radioactif du site nucléaire du Tricastin dans sa globalité » martèle Corinne Castagnier, présidente de la Criirad avant d'avancer plusieurs hypothèses pour cet uranium. « Il y a différentes sources: les canalisations de rejet de la Socatri qui fuyaient depuis longtemps ou les déchets enfouis à l'autre extrêmité du site. »
A l'autre extrêmité du site en effet, les déchets radioactifs des usines militaires ont été littéralement enfouis dans le sol: 760 tonnes de barrières de diffusion -un des outils du processus d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse-, des boues radioactives, des filtres de conditionnement (46 m3) et de fluorines ((14 000 m3). « C'est la palme du cynisme concernant ces déchets » raconte Corinne Castagnier. « De 1969 à 1975, ces déchets ont été entreposés sous une butte de terre. Deux ans après l'enfouissement, en 1977, les exploitants constatent déjà la pollution de la nappe située sous la butte alors qu'ils avaient prétendu avoir enfoui les déchets dans une barrière argileuse, donc étanche. En 1980, la contamination de la nappe est d'un facteur 1000 fois supérieur à la norme. Les exploitants décident alors de pomper la nappe à raison de 173 m3 par heure, et ce jusqu'en 1998...! Ils ont prélevé plus d'un million de m3 qu'ils ont ensuite rejeté dans le Rhône... Ce n'est peut-être pas le plus contaminé des sites que nous ayons étudiés, mais c'est de loin le plus cynique dans la façon dont la pollution a été gérée. »
En effet, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale et Areva ont récemment mis en évidence dans une étude sur la nappe phréatique du Tricastin des traces d'uranium dont la source n'a pas pu être identifiée. Sans réellement s'en inquiéter.
Sans compter qu'en 2002, la Criirad avait constaté des irradiations anormales en bordure du site. Le Tricastin vous souhaite un bel été radioactif.

Publié dans Ecolo J - 0

Commenter cet article

Zevengeur 27/07/2008 23:16

Si vous voulez un autre scandale lié au nucléaire, en voila un : http://french-revolution-2.blog.fr/2008/04/17/et-un-scandale-de-plus-l-uranium-appauvr-4012799

Zevengeur 27/07/2008 23:12

Si vous voulez un scandale de plus relié au nucléaire, en voilà un :http://french-revolution-2.blog.fr/2008/04/17/et-un-scandale-de-plus-l-uranium-appauvr-4012799

charlotte 17/07/2008 23:02

Ceux qui ont acheté une maison dans les environs sont désespérés. Il faut que les riverains portent plainte même si je doute qu'ils obtiennent réparation, de toute façon ils auront morflé question santé ! C'est une tragédie, de plus les fruits de la Drôme se retrouvent sur tous les étals de France alors...bises

plumedecib 17/07/2008 23:08


Oui, c'est pour ça que j'en parle et comme dirait Anne, on ne nous dit pas tout !


sixtine 16/07/2008 17:01

Un de plus de découvert et , à votre avis, combien de cachés qui ne demandent qu'à se dévoiler ? Il y a longtemps que je me demande de quel délai on dispose vraiment avant le flot de futures catastrophes prévisibles et inéluctables ...

mycr 16/07/2008 13:07

Enterrer des déchets radioactifs, deux ans plus tard constater des infiltrations radioactives, 31 ans plus tard toujours rien...Si ce n'est une pollution silencieuse et la mise en danger de la population pendant toutes ces années.Encore un scandale du silence et de l'immobilité lié au nucléaire.Scandaleux.