Et tout le monde est à la noce !
Que l'on soit jeune ou vieux, homme ou femme, les besoins de rouler obligent les gens à voler le précieux carburant !
ARTICLE
Dans cette station-service de La Martelle, le gérant garde dans une boîte des cartes bancaires, des permis de conduire et autres cartes de bus ou même des téléphones portables.
Des oublis ? Pas du tout : « Ce sont des clients qui prennent de l'essence, qui ne peuvent pas payer et qui me disent : "Je n'ai pas d'argent, qu'est-ce que je vous laisse ?" Il y en a au moins
pour 1 200 €, explique-t-il. Mais qu'est-ce que vous voulez faire ? Le client n'a pas d'argent, il faut bien le faire revenir par un moyen. En général, ils reviennent régler mais pas tous, c'est
pour cela que j'ai tout ça. » C'est un signe des temps, l'explosion du prix des carburants conduit, à Montpellier aussi, à des comportements inédits à la pompe à essence. A
Saint-Clément-de-Rivière, voilà une dizaine de jours, un conducteur a fait le plein pour 60 € et il a expliqué qu'il ne pouvait pas payer. La police a dû intervenir et cet homme devra
rembourser.
A ce phénomène, s'en greffe un second qui fait tourner en bourrique certaines stations-service : les automobilistes qui disparaissent sans payer l'essence. Mercredi dernier, les policiers ont
réussi à interpeller une jeune femme qui ne se privait pas pour escroquer la station Total de l'avenue de la Recamballe.
Le 26 mars et le 11 avril, elle est venue mettre de l'essence dans sa Peugeot 307 cabriolet et, à chaque fois, elle a pris la poudre d'escampette, sans rien régler... Le 29 avril, elle a voulu
récidiver mais l'employé l'a repérée et mise en fuite avant que la police ne l'arrête avenue de la Liberté. Pour éviter toute poursuite, elle avait mis un morceau de scotch sur sa plaque afin de
la maquiller. La lettre C était ainsi transformée en O, ce qui lui évitait d'être repérée.
« Les garçons, on a l'habitude, mais là, des filles... Elle, c'était une cliente que l'on avait déjà vue. En fait, ça arrive plusieurs fois par semaine, souvent à la fin du mois et c'est vrai que
depuis que le prix du litre a explosé, on a beaucoup plus de grivèleries », témoigne un employé de la station. C'est devenu impossible de faire confiance. Il faut tout surveiller. Récemment, j'ai
vu qu'une Renault 19 avait du scotch sur toute la plaque. J'ai bloqué la pompe et son conducteur n'a pas pu se servir. » Le gérant d'une station située avenue de Toulouse a même vu une mamie
faire semblant de revenir à son véhicule, comme si elle avait oublié quelque chose, avant de partir sans payer... A Juvignac, la station Elf a aussi l'habitude des fausses plaques et autres
maquillages des numéros d'immatriculation. À une fréquence édifiante : « Les gens mettent de l'essence, ils accélèrent et ils partent. Ça dépend des semaines mais ça peut arriver une fois par
jour », explique un employé. « Souvent, aussi, les clients payent avec des chèques qui sont refusés. Ils promettent de revenir et on leur demande une pièce d'identité en leur expliquant qu'au
bout d'une semaine, on va déposer plainte », ajoute-t-on avenue de la Recamballe.
Mais à la station Elf de La Martelle, on affiche un certain défaitisme : « Un dépôt de plainte, on perd un temps monstrueux et ça aboutit rarement. »
Yanick PHILIPPONNAT
Les routiers sont sympas et ils se font braquer !
Delambre
A 1,50 € environ le litre, les Français peinent à remplir leur réservoir. Certains modifient leur mode de vie. D'autant que les experts ne voient pas l'accalmie se dessiner. Et une forme de
délinquance se développe autour de ce new produit de luxe
Des américains qui s'agenouillent dans les stations-service pour faire baisser le prix de l'essence ! Incroyable, mais vrai. La semaine dernière, un groupe de prière s'est créé à Washington
dans cette louable intention. Cartésiens, les Français, dont beaucoup s'entassaient hier soir sur les routes, ont su raison garder.
Mais tout de même : jusqu'à 1,54 € le litre de super 95 hier à Paris et jusqu'à 1,59 € le litre de diesel ! Où s'arrêtera le prix de l'essence ?
Les routiers se font braquer
Avec un baril à 116,59 $ (75 €) vendredi à New York, les tarifs se répercutent à la pompe... et peu d'experts estiment qu'il existe une chance qu'ils baissent sensiblement à court terme, tant
tout se conjugue sur le marché pour faire monter les cours (voir ci-dessous). Confrontés à des prix alimentaires en forte progression, les consommateurs sont dans la nasse. Beaucoup
s'organisent pour réduire leur consommation. Parallèlement, le prix des carburants attise des convoitises... jusqu'au « pétro-braquage » : les routiers se font pomper leur réservoir.
Le PS propose, mais l'UMP dispose ! Hollande, ferme ta gueule !
A droite comme à gauche, le constat est le même : le gouvernement est impuissant face à « un marché mondial difficilement contrôlable ». Selon François Hollande, la priorité est « d'amortir le
choc sur le pouvoir d'achat des ménages ». Le PS presse Bercy de rétablir la TIPP flottante, qui permet de baisser les taxes quand les prix montent. Proposition rejetée par l'UMP Hervé Mariton,
spécialiste du sujet, pour qui il s'agit d'une « ânerie coûteuse qui n'a pas d'effet sur les consommateurs ».
Le PS propose aussi la mise en place effective du « chèque » transport. Un projet dans les cartons depuis belle lurette... Alors, que faire ? La réponse est d'abord « individuelle », plaide
Hervé Mariton. Sans imiter Christine Lagarde, ministre de l'Economie, qui lançait l'été dernier un mémorable « Tous à vélo ! », le député préconise « une conduite apaisée, formule intelligente
d'économies ». Et si on ressortait la « chasse au gaspi », tube des années 1970 ?
D'après l'article du Parisien
"L'or noir n'a jamais aussi bien
mérité son nom" auquel j'ai ajouté le titre en rouge italique
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