Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1793
Art 35 :
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des
devoirs.
Je suis en flammes,
Je crois que je me consume inexorablement
Les larmes que déversent mes yeux
Ne parviennent pas à éteindre le feu...
J’ai dans le regard cet homme
Couvert de plusieurs couches de haillons
Une silhouette informe qui marche
Qui gravit avec peine la route où les voitures passent
Sans relâche, indifférence, impuissance
Je suis dans l’une d’elles avec mon fils et nous nous taisons
Effarés par cette apparition
Il n’a plus de visage, rongé par la crasse
Il n’a presque plus forme humaine et il marche
Ses pas le conduisent dans l’errance,
Peu importe pourvu qu’il marche encore et encore
Il sait que lorsqu’il s’arrêtera ce sera pour de bon.
Ses haillons effilochés dansent, saccadés, désorientés
Et je n’ose pas m’arrêter
Qu’aurais-je à lui donner ?
Quelques fruits, quelques mots et la peur dans mes yeux
Peur qu’il refuse tout simplement mon geste dérisoire
Une insulte à son désespoir
Peur qu’il me voit chercher plus au fond de moi
Ne rien trouver, désemparée,
Partir, lui tourner le dos, porter son regard et disparaître.
Son image ne me quitte pas.
Soignons nos maux ensemble Ouvrons nos mains Soyons solidaires,
Comme je te comprends! Colère,chagrin,ressentiment,culpabilité...long chapelet de misères humaines que nous cotoyons sans relâche désormais...les petites villes sont elles aussi représentatives de l'incurie des pouvoirs en place à prendre le problème en considération...notre souffrance n'est rien en comparaison de la leur à ne pas trouver leur place dans ce monde en déclin...
Ce matin, j'ai parlé à des gens qui l'ont déjà croisé et ils ont été aussi choqués, stupéfaits plutôt, je te jure, c'est une apparition hallucinante. Il paraît qu'il marche comme ça sans cesse, son regard n'accroche aucun regard, il ne voit rien ni personne, il marche. Cela fait des années que ça dure. Tu ne peux pas l'approcher à 10 mètres tellement il pue. Ses haillons ressemblent à des lambeaux de peau souillés par la merde.... Tu te demandes comment il peut encore y avoir de la vie là-dedans, comment un être humain peut en arriver là... Je ne m'en remets pas.
réponse de : plumedecib (site web) le: 08/04/2008 10:53:22
Quel texte cib! Quelle rencontre aussi. Quel malheur et quelle tristesse. C'est terrible quand certains se prélassent dans le superflu et d'autres n'ont que leur position debout pour rester humains. Honte à notre civilisation. Et comme tu écris, qu'est ce que chacun peut faire? Quand l'écart devient insurmontable.
Très beau texte Cib, je le met sur mon blog avec bien sûr la source. Nous avons honte que cette société dont nous faisons partie puisse générer tant de désespoir, nous avons honte aussi de notre impuissance !
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