A la guerre, on se chie dessus !

Publié le par plumedecib

Bienvenue aux 700 soldats français désignés pour l'Afghanistan !  Ce sont des pros, vous me direz. Quand ils ont enfilé l'uniforme, ils savaient bien qu'un jour ou l'autre ils iraient au feu. D'ailleurs, ils l'ont fait pour ça ! Ils s'imaginaient en futur Rambo, déguisés en forêt, traquant le mal, défendant la veuve et l'orphelin.... Oui, on l'aime bien Rambo, il est couillu et ça fait rêver...

Bah, mais la guerre, c'est un peu ça aussi :

«On ne regarde pas les corps ! On regarde les chaussures. Je ne regarde jamais les corps. Chaussure noire, il est allemand. Chaussure marron, il est américain.» Voilà une façon juste de résumer la guerre, toutes les guerres. Souvenez-vous des tas de chaussures des gazés dans Nuit et brouillard ou des godasses abandonnées par les Egyptiens dans le désert après l’expédition de Suez.
C’était un propos Samuel Fuller qui racontait ainsi ses trois débarquements, en revoyant toutes ces grolles (dans un livre d’entretiens avec Jean Narboni et Noël Simsolo, préfacé par Martin Scorsese, paru aux Cahiers du Cinéma en 1986). La guerre, il l’avait vécue, écrite et filmée, aussi bien que Raoul Walsh ou Lewis Milestone (dont je recommande le méconnu Commando de la mort, avec les toujours marmoréens  Dana Andrews et Richard Conte).

Un après-midi, dans l’appartement qu’il louait à Paris, avec l’espoir de tourner une adaptation des Fleurs du mal, Fuller, cigare au bec et verre de whisky à portée de la main, intarissable, m’en a raconté d’autres et de belles : «A la guerre, tu bandes et tu tues. Ou tu tues et tu bandes. It’s a fact. Tout le reste, c’est de la merde ! Capa s’est chié dessus en prenant ses fameuses photos.» Et Fuller s’est levé pour mimer son arrivée, à lui, sur une plage de Normandie. «J’avais le nez dans le sable. Au-dessus de nous un Allemand, qui me parut gigantesque, maniait une grosse mitrailleuse. Il nous arrosait avec sa queue et elle était énorme.»
Raphael Sorin


LA SUITE (sans tabous, attention)



C'est rien, nothing, c'est la guerre !
En Afghanistan, bien sûr, j'oubliais... elles se ressemblent toutes.


Publié dans GAZETTE

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catgut 08/04/2008 23:50

"tu es parti là bassans savoir pourquoiJ en'crois pas que tu cherchais la gloireTu avais ptête seul'ment du malà jouer le jeuDans ta petite ville sans histoireOn t'a dit que là-bas, la cause était justeQu'il fallait vaincre à tout prixEt puis c'est trop facile de laisser les autres penser pour soiAlors, sans savoir pourquoiTu es partimais c'est bientôt fini JohnnyVois tu encore le soleil ?mais c'est bientôt fini JohnnySens tu venir le sommeil ?"Johnny got his gun", Graeme Allrightamitiés démocrates, le chat

marie laure 04/04/2008 21:15

J'ai laissé un petit comm chez elle .. tu peux aller en rajouter une petite cuillère peut être ? bises

plumedecib 04/04/2008 23:11


Vi et  chez toi c'est qui le deuxième widget ?


marie laure 04/04/2008 19:09

Oups ;) Je viens de lire le blog de tendrepoison ... Il me semble que se serait bien une femme engagée à engager dans notre widget :))

plumedecib 04/04/2008 21:02


J'y pense depuis un moment et je voulais t'en parler justement !


TendrePoison 04/04/2008 11:58

oui et puis pour ceux qui ont la "chance" d'en revenir:http://tendrepoison.canalblog.col/archives/2008/04/01/8572124.html

marie laure 04/04/2008 11:42

Bien bien bien, relayons, les unes après les autres, à intervalle régulier, ce que signifient les choix de nos gouvernants.Pas d'acalmie pour ceux qui voudraient se boucher les yeux et les oreilles.Le premier combat politique : lutter contre l'épaisse couette de bonne con-science.

plumedecib 04/04/2008 11:50


Sans relâche, sans relâche, sans relâche.
C'est que j'expliquais à éric dans un récent commentaire. On ne peut plus continuer à dire on s'en fout, et continuer à tenter de sauver ses petits meubles.