
Après de splendides vacances aux USA, destination chérie de notre président qui n’a pas pu s’empêcher de nous rappeler sa ferveur pour le Président de ce grand Pays, et ce en présence des médias, bien sûr, le voici revenu en France et comme à son habitude, sur le devant de la scène, réagissant comme il se doit, sans recul, sur la monstruosité de ce multi récidiviste pédophile, tout juste sorti de prison et renouvelant immédiatement ses forfaits.
Quelle absurdité de la part de notre Président et quelle manque de clairvoyance en annonçant fièrement que dorénavant tous les pédophiles ne sortiront de prison qu’une fois leur peine purgée ! Encore une de ses phrases-choc, simplistes à l’extrême, un effet de manche de plus devant une population qu’il prend pour imbécile ! Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui décide si un détenu doit aller jusqu’au bout de sa peine ou non. Le président fait une fois de plus dans l’émotionnel, dans le sensationnel ! On sait que tout ceci n’est qu’un leurre car tout puissant qu’il soit, le Président n’a aucun pouvoir pour commander les magistrats sans remettre en cause la liberté et l’indépendance de la Justice française, déjà tant de fois remises en cause. Les magistrats décident en fonction de textes de lois et peuvent les appliquer plus ou moins en fonction de chaque cas, et bien sûr les directives gouvernementales. Celles-ci intervenant dans les moments où il faut faire un exemple, ou pour détourner l’attention publique. On peut donc considérer que le message de Nicolas Sarkozy s’adresse donc aux magistrats et n’a donc pas à faire la Une des journaux comme s’il s’agissait d’un événement extraordinaire.
La question qu’on devrait plutôt se poser c’est “est-ce que cet individu était psychologiquement apte à sortir de prison ? Il a le droit, comme tout détenu de déposer une demande de liberté conditionnelle. Mais pour qu’elle soit accordée, il est nécessaire que les détenus se soumettent à des formalités très strictes si on applique le règlement à la lettre, et Dieu sait qu’il doit être appliqué sans faillir en pareil cas. Quant au suivi médical, lorsqu’on découvre que ce détenu a pu se faire prescrire du Viagra par un médecin qui n’avait pas en main le dossier médical, on peut se douter qu’il y a un énorme problème de ce côté-là également.
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy s’est invité à la table des français avec son merveilleux sens du raccourci qui pour lui est synonyme d’efficacité, et une bonhomie incomparable.
Sans vouloir ici pour l’instant développer le problème des prisons, je peux néanmoins modestement soulever le voile posé sur notre honte : nos prisons sont moyenâgeuses, le système carcéral obsolète, le personnel en nombre insuffisant et peu formé.
Concernant le suivi médical, au-delà des déclarations sensationnelles de Sarkozy, avons-nous les infrastructures nécessaires et un personnel suffisamment qualifié pour suivre le séjour de tels individus ? Quels soins leur sont apportés pendant leur détention ? Si c’est seulement les quelques quart d’heures d’entretien mensuel avec un psychiatre, comme c’est le cas également pour les toxicomanes, je doute que cela soif suffisant. Ces individus ne sont pas seulement des criminels, mais également des malades. Ils récidiveront forcément une fois sortie, et ce quelle que soit la longueur de la peine.
Comme à son habitude, le Président se substitue à sa Ministre de la Justice, pensant peut être qu’il est meilleur acteur dans le rôle du sensationnel. Comme à son habitude, il règle tous les problèmes avec des phrases sparadrap qui soigne tous les bobos... Le mal est bien plus profond et continuera de ronger notre société si on continue à le couvrir pour ne pas le voir. Il convient aujourd’hui de pratiquer des opérations lourdes, des réformes profondes, Cinq ans de cache-misère nous attendent donc avant de retrouver l’espoir d’un vrai renouveau en France ? Pendant ce temps, le Monde continue de tourner....
Pablo 23 Aout 2007
Commentaires Récents