
Avec quel costume, Nicolas Sarkozy a-t-il décidé de ne pas accorder de grâce aux détenus pour le 14 Juillet ?
Nous pouvons nous poser la question bien que nous ayons déjà la réponse. Est-ce le costume de président de la république dont on peut remarquer depuis son élection qu’il est trop grand pour lui,
ses footing matinaux ne changeant pas sa stature ?
Ou est-ce le costume de Ministère de l’Intérieur qui lui colle encore à la peau, qui semblait d’ailleurs si bien lui convenir qu’il devait se contempler avec émerveillement du matin au soir ?
Est-ce une décision vraiment réfléchie quand on pense aux répercutions malheureuses qu’elle va avoir, ou un nouvel effet d’annonces pour plaire à certains de nos concitoyens qui aiment à penser
que les prisonniers ne sont que des délinquants extrêmement dangereux pour la société, et qu’ils ont bien mérité leur séjour en détention ? Il est vrai qu’à force de regarder TF1, on peut être
persuadés que nous sommes en très grand danger, avec des multirécidivistes à tous les coins de rue que seul notre ex Ministre de l’Intérieur est capable de mettre hors d’état de nuire, puisque la
justice ne s’en charge pas.
Bien sûr, tous les français doivent savoir que les juges ne font pas leur travail. Il est facile de les accuser de laxisme, tout en ne leur donnant pas les moyens de travailler. On sait qu’en
France, il n’y a que 400 juges pour traiter les quelques 200 000 dossiers de délits mineurs.
Cela fait un juge pour 500 dossiers plus le suivi à mettre en place derrière chaque affaire.
C’est sûr que la solution la plus simple pour enrayer la délinquance est d’incarcérer à outrance pour montrer une baisse significative de délinquance et donc plaire à l’opinion publique et
rassurer le citoyen lambda qui se croit de fait plus en sécurité. Pour jouer le jeu jusqu’au bout, il faut alors fournir à la justice les moyens nécessaires au traitement des dossiers, pour
conduire les détenus pendant leur peine, à leur réinsertion tant souhaitée par le système carcéral et par les prisonniers eux-mêmes. Faute de personnel et de moyen, pas de suivi, des prisons
surchargées, des conditions de détention exécrables, une violation des droits de l’homme permanente.
Cette grâce du 14 juillet n’était pas l’ouverture des portes des pénitenciers, et la cavale de dangereux individus sur le macadam de nos villes surchauffées ! Elle ne s’adresse qu’à des délits mineurs, en général de moins de six mois. Quelques jours ou quelques semaines de gagnés leur donnent la chance et l’espoir de retrouver rapidement une vie normale. Laisser un individu sortir un mois avant la fin de sa peine est-il un danger pour notre société ? Un séjour en prison est si vite arrivé ! Tentons donc de nous sentir un peu plus concernés.
Cette mesure est aussi un vrai bol d’air pour les surveillants de prison qui y voient un moyen de réduire la population dans les prisons, de “détendre” une atmosphère surchauffée qui engendre souvent des énervements, des rébellions, des actes souvent suicidaires. D’autant que la période d’été est aussi propice à une recrudescence d’actes hors-la-loi qui viendront augmenter un peu plus le nombre de détenus dans un univers carcéral déjà largement surpeuplé.
Il ne nous reste plus qu’à souhaiter un bon été aux surveillants de prison, en espérant qu’ils n’auront pas à éteindre des foyers de
révolte, les mettant ainsi en danger.
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