Ma rencontre avec Bayrou

Publié le par Le MoDem de François

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C’était en 2006. L’échéance des élections présidentielles approchaient.  Les médias nous avaient ficelé un duel Sarko/Ségo depuis des lustres qui semblait incontournable et ça m’agaçait énormément. On nous les vantait comme deux purs produits marketting. Il ne nous restait plus qu’à apprendre à taper sur la touche 1 ou 2 de notre téléphone pour élire le gagnant.

Les deux finalistes annoncés semblaient très loin des préoccupations des Français, mais très près des leurs. Les efforts de Sarko à se faire passer pour un grand homme étaient insupportables, et nous découvrions Royal avec un nouveau visage, des cheveux qui poussaient à vue d’oeil, et une virginité affichée jour après jour, plus blanche que blanche. Elle nous récitait la grand Messe tandis qu’il scandait des slogans racoleurs.

Cela fait des années qu’on nous prend pour des “consommateurs”, mais on ne nous avait pas encore fait le coup de la politique-objet ! Quoique... la politique et la pub se ressemblent : c’est l’art de mentir vrai.

Non merci. Je n’ai pas voté Chirac, mais il avait au moins le physique de l’emploi et paraissait ne pas être dangereux.  Erreur.

Je pratiquai le vote de l’abstention depuis plusieurs élections. Pourtant cette fois, pas question de bouder les urnes encore moins de “voter utile”. Les inlassables attendus candidats des précédentes tournées ne me tentaient pas non plus.

Fallait donc que je m’intéresse un peu plus à la politique.... D’ailleurs, les uns comme les autres commençaient à s’en préoccuper, preuve qu’il devait y avoir un truc qui allait nous tomber sur la tête, si on ne se remuait pas un peu la fibre patriote.

Je cherchais donc à me frayer un chemin parmi tout ce bazar à la recherche d’un indice qui me mettrait sur la voie d’un politiquement acceptable. Si un des deux qu’on nous avait mijoté devaient monter sur le trône sans que j’ai rien fait pour l’empêcher, je n’aurais plus pu vivre qu’avec une cagoule sur la tête et encore face cachée, pour ne pas risquer de me découvrir ne serait-ce que dans le miroir d’un cireur de godasses, ou mieux dans les godasses d’un Président de supermarché.

Le Béarnais dans ma télé.

Et pas qu’un peu ! François Bayrou parle dans ma télé, posé et ferme, sérieux.  Il parlait de ce qu’on se raconte entre nous quand on refait le Monde au téléphone, de tous ces problèmes de la vie qui nous la rendent impossible, et de toutes les solutions qui naissent dans nos têtes sans que personne les entende. Il se permettait d’en découdre avec une journaliste fort connue, avec force et véhémence. Il martelait qu’il ne voulait pas de cette France coupée en deux, que tout n’était pas joué d’avance, qu’il était temps d’en finir avec cette alternance Gauche / Droite, de toutes ces erreurs, de ces 25 ans de “je construis, je détruis”.  J’étais scotchée à chacune des ses interventions : ce Monsieur Bayrou ne serait donc pas que cette gentille marionnette un peu naïve qui veut à tout prix devenir président de la république ? Il parle, il ose même déranger l’ordre établi.

Il ne suait pas l’escroc. Etait-il donc encore plus escroc que les autres ?  L’homme n’était pas un débutant en politique. Il avait eu le temps d’en connaître toutes les ficelles et en particulier celle de se rendre intéressant auprès d’une clientèle blasée qui ne croyait plus en rien.

Il se différenciait de la Politique Académy, il n’en avait ni l’habit, ni le langage. Le problème, c’est que Monsieur Bayrou appartenait à cette UDF, le centre mou, parti de notables nantis, qu’on savait dame de compagnie de la grande UMP.

Pourtant en 2006, Bayrou s’était démarqué du parti régnant en votant la censure

“C'est la première fois depuis 2002 que le No1 de l'UDF mêle sa voix à celles de la gauche en votant la censure. Alors qu'on lui demandait s'il se rangeait ainsi dans l'opposition, il a botté en touche: « C'est un acte d'opposant... au déclin de la France ». Pour lui, « devant une affaire de cet ordre, il n'y a pas de camp ».”selon le Figaro du 14 Mai 2006

Déjà, le 23 Novembre 2005, François Bayrou a voté contre le budget 2006 de l’état, ce qui était une belle entaille dans le contrat qui le liait à l’UMP.

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Dernier trimestre de cette année 2006, François Bayrou s’oppose ouvertement à la droite UMP. Il reproche aux médias leur manque d’objectivité, voire de leur allégeance aux deux grands partis résidents. Il les accuse de vouloir maintenir à n’importe quel prix ce clivage gauche/droite qui est une rente à vie pour eux. L’homme parle du peuple de France, il dénonce le mensonge du nombre de chômeurs, il parle de valeurs qu’il place au-dessus de l’économie, de familles, d’éducation, de culture. Il ne vend pas de la lessive, il ne se vend pas après avoir avalé du cirage comme disait Coluche. On pourra lui reprocher plus tard de ne pas avoir utilisé quelques slogans percutants, de ne pas avoir plus “joué” avec les médias.

 

En affirmant chaque jour un peu plus sa dissidence, il se mettait en danger, même au sein de son propre parti et m’intéressait un peu plus.

 

Bayrou troublait la rigueur de cette élection à deux têtes qu’on nous imposait à la manière d’une habitude . Il marchait sur la traîne de la future mariée de la République et crochetait les chevilles de celui qu’on appelait “l’agité de Neuilly”.  Il devenait l’enfant terrible de la plage politique Française. Ses prises de position musclées se commentaient même aux Etats-Unis.

C’était un moment où nous avions besoin de croire en quelqu’un. C’était le moment sans doute, pour des millions de français. Le monde politique n’est pas le nôtre, ils ne nous connaissent pas, ils ne cherchent pas à nous connaître. Nous sommes des veaux pour ces politiques que ne savent même plus ce qu’est une vache.

Bayrou  sortit son livre “Le Tiers-Etat”.

Il se déclara sans surprise candidat aux élections présidentielles. Il était heureux, entouré....

Les français cherche un père pour la Nation. J’avais envie de lui faire confiance.

Peur de me tromper, peur d’être trompée...

Je suis allée “voir” sur Internet, chercher la faille, chercher l’info qui me convaincrait que ce type était un bon comédien, prêt à tout pour devenir pre-si-dent de-la-république.

Je découvris le site Bayrou.fr. On pouvait y laisser des commentaires, lire les propositions du candidat Bayrou, suivre son actualité. Je m’y suis plongée, je m’y suis plue. Chaque jour, Je venais rendre une petite visite au site, j’avais l’impression que c’était chez lui, même si ses interventions ne se faisaient qu’au travers de vidéos de discours.

Je trouvais son discours franc, intelligent. Il faisait un diagnostic précis  du mal de notre Pays, il ne devait donc pas être aussi éloigné de nous.  Il distillait la moquerie avec malice et ne passait pas son temps à s’en prendre aux hommes, il parlait de notre avenir, de ses idées, de l’Europe. Il disait qu’il était temps que le peuple citoyen soit reconnu, qu’il soit écouté, et qu’il participe activement à la vie de notre Pays. Sa courbe de popularité montait d’une manière vertigineuse. Manoeuvre ou surprise ?

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Il était temps que quelqu’un ose proposer une politique pour ce nouveau siècle. Car nous sommes au 21e siècle !

Je n’ai pas posté tout de suite sur le site. Je n’avais pas l’habitude d’intervenir sur les forums.  J’aimais bien les commentaires de certains qui, plus tard, deviendront mes amis virtuels.

L’émission Envoyé spécial m’a définitivement convaincue.

Cela fait six mois que j’apporte ma contribution au projet d’Espoir de François Bayrou. Bayrou est devenu François. J’ai eu l’occasion de le rencontrer, de lui serrer la main, de lui parler dans les yeux.

Les Français ont choisi le plus clinquant, le plus gesticulant, le plus bruyant. Pour ma part, j’ai choisi l’intelligence, la culture, le réalisme, le rêve, l’espoir, l’humanisme, la générosité, la sagesse... Loin des fanfares et des pétards, je prépare, à ma façon et avec mes moyens, la révolution politique du 21” siècle. Je ne suis qu’une goutte d’eau, mais dans un océan d’espoir. Je voudrais écrire “Ensemble”, le problème, c’est que c’est déjà pris....

Alors, rassemblons nos diversités pour enrichir nos esprits...

Publié dans La Rubrique de Cib'

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